Ducati Diavel

Chaque constructeur est confronté à une masse critique qui l’oblige à élargir sa gamme, trouver de nouveaux clients et augmenter sa production, histoire d’asseoir sa rentabilité. Ducati ne fait pas exception à la règle, d’où l’existence de la Multistrada, de l’Hypermotard et plus récemment de la Diavel, qui de prime abord dénote un peu dans la gamme de la marque italienne.

Et c’est vrai qu’avec ses allures de power cruiser qui l’associent directement aux Vmax et autres V-Rod Muscle, ou son énorme gommard de 240 qui fait craindre le premier virage, nous sommes loin des standards auxquels la firme italienne nous a habitué. C’est donc avec beaucoup d’intérêt et de méfiance que cette surprenante Ducati était attendue au tournant. Qui dit power cruiser dit power, et Ducati n’a guère mégoté sur ce plan puisque la Diavel est motorisée par le fameux Testastretta hérité des Superbikes, et monté sur la Multistrada. Le bicylindre en L reprend donc la cylindrée de 1198cc, les doubles arbres à cames à commande desmodromique, les quatre soupapes par cylindre, l’injection électronique, le refroidissement par eau (confié ici à deux radiateurs latéraux). Fini l’embrayage à sec et son infernal bruit de ferraille, la Diavel dispose d’un embrayage hydraulique. L’ensemble développe la puissance respectable de 162ch à 9.500 tr/min, et le couple de 127,5 Nm culmine à 8.000 tr/min. Pour rappel, la Mutlistrada se contente (!?) de 150 ch et 118 Nm.

Les attributs Ducati

La Diavel hérite de tous les perfectionnements électroniques, avec l’ABS, l’anti-patinage paramétrable et le choix entre différents mappings moteur. Il faut un peu s’appliquer dans la manipulation des différents boutons, l’ergonomie n’a visiblement pas été pensée par Apple… Pas de vraie surprise côté châssis, la Diavel reprend le principe du treillis tubulaire cher à la marque, complété de platines en alu coulé. Les suspensions font appel à une fourche inversé Marzocchi à l’avant (diamètre 50) tandis que le monobras arrière est relié au moyen de biellettes à un monoamortisseur Sachs disposé horizontalement sous le moteur. Tout ceci ne fait pas un power cruiser, sauf que… sauf que le designer ne laisse planer aucun doute: un style agressif à souhait, presque outrancier avec sa selle suspendue au dessus de l’énorme roue arrière, son empattement de 1.590mm son angle de chasse de 28°, nous avons bien affaire à un power cruiser pur jus. Et avec un tel gommard, on émet de sérieux doutes sur l’agrément routier. C’est là que nous avons tout faux! Le plaisir de conduite qu’apporte la Diavel ne le cède en rien aux autres modèles de la marque.

Le plaisir Ducati

Différent, certes: une Diavel ne se manie pas comme une Monster ou une Hypermotard, mais se situe à des années lumière de ses concurrentes directes. Seules la Vmax et la Rocket III Roadster offrent aussi un plaisir de conduite, inexistant sur un Muscle ou les power cruisers japonais. Mais une Vmax ou une Rocket III pèsent au bas mot cent ou cent cinquante kilos de plus, et ça, ça change tout! La Diavel bluffe son monde par un comportement efficace, ce qui élargit sérieusement le champ d’action de cette moto atypique! Certes le pneu de 240 se sent un peu lors de la mise sur l’angle, mais à peine. Une fois trouvé le « truc », elle vire presque aussi facilement qu’un roadster, et le gros Pirelli n’entame en rien l’excellente maniabilité de la Ducati, qui  dévorera de la borne sur tous les parcours avec un égal bonheur. La tenue de cap à haute vitesse impressionne (hé oui, la Diavel monte à plus de 250 km/h sans manifester la moindre instabilité!).

La meilleure Ducati?

Même la ville ne lui fait pas vraiment peur, avec un rayon de braquage tout à fait correct. À l’usage, on en viendra à trouver perfectible la position de conduite, entre une selle basse inhérente à ce type d’engin et des repose-pieds placés suffisamment haut pour ménager une garde au sol qui permet d’exploiter les capacités routières de la bête, les jambes sont plus repliées que désiré, fatiguant à la longue. On aurait préféré une selle un poil plus haute et des repose-pieds quelques centimètres en retrait, d’autant que le guidon est rejeté pas mal en avant. On se régalera par contre des franches accélérations prodiguées par ce merveilleux moteur, caractériel et attachant à souhait, et distillant une bande son dont on ne se lasse pas un instant, tant à l’accélération qu’à la décélération. Pas de doute, les italiens ont le chic pour faire chanter les mécaniques! La gestion électronique permet de rouler plus calmement avec 100ch, et ne vous inquiétez pas, ça ne bride pas le plaisir. L’intervention de l’anti-patinage se montre plutôt intrusive en coupant brutalement la puissance. Tout ça manque de subtilité, mais évite au moins le ticket « par terre ». La Diavel vaut bien plus qu’elle ne laisse paraître. Une gueule du « diable » mais un comportement aussi jouissif qu’exploitable: un sans-faute, hormis quelques détails de finition perfectibles, et sans doute une des Ducati les plus agréables à piloter en toutes circonstances!

[Vroom.be]

Ducati Diavel 2012

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